Vous avez déjà ouvert un courrier administratif et refermé l’enveloppe en vous disant : « Bon, on verra ça plus tard… » ? Moi aussi. Et pourtant, on aurait pu vous donner l’info en une seule phrase claire et nette.
La communication, ce n’est pas une épreuve de style. Ce qui compte, c’est que le message passe. Et pour ça, il faut arrêter de penser que « simplifier, c’est pour les idiots ». Simplifier, c’est surtout respecter le temps et l’attention des gens. Et ce n’est malheureusement pas la façon d’écrire qu’on nous apprend à l’école.
Quand c’est clair, c’est fluide, facile, sans accroche… Comme un athlète qui semble voler lorsqu’il court. Mais cette fluidité, c’est du boulot. Trouver les bons mots, structurer un texte, enlever le superflu… c’est un vrai savoir-faire.
1. Le FALC et le langage clair : la base de la base
Le FALC : Facile à Lire et à Comprendre
Imaginez que vous deviez expliquer votre boulot à un enfant de 10 ans. Vous iriez droit au but, non ? C’est ça, le FALC. Une manière d’écrire qui permet à tout le monde de comprendre, sans se prendre la tête.
Qui en bénéficie ?
- Les personnes en situation de handicap intellectuel.
- Ceux qui apprennent le français.
- Les gens qui veulent juste une info claire, vite fait.
Les règles du FALC :
- Des phrases courtes et simples.
- Un vocabulaire accessible.
- Une structure logique (titres, listes à puces, images).
- Des pictos pour aider à comprendre.
Un exemple ? Plutôt que
« L’assujettissement aux cotisations est déterminé selon des modalités spécifiques »
dites : « Vous devez payer une participation. Voici comment. »
Le langage clair : la norme qui change tout
Le langage clair, c’est un peu la grande sœur du FALC. Il suit les mêmes principes mais s’adresse à un public plus large. La norme ISO 24495-1:2023 en donne les règles :
- Un message qu’on trouve, comprend et utilise sans effort.
- Une lecture fluide.
- Moins de temps perdu (et moins de frustration !).
Et pour ceux qui doutent : les études montrent que le langage clair fait gagner du temps et de l’argent. Quand un courrier est compréhensible, les gens ne passent pas 3 heures à appeler un service client.
2. Ces techniques sont déjà utilisées (et ça marche)
Vous avez déjà lu un article de journal et tout compris du premier coup ? C’est normal. Le journalisme et le web appliquent certaines règles du langage clair depuis longtemps.
Quelques techniques simples :
- Commencer par l’info essentielle
- Raccourcir les phrases
- Bannir le jargon (ou l’expliquer en une phrase)
- Ajouter des visuels pour éclairer le propos
Sur le web, la méthode est la même :
- Des titres clairs
- Des listes pour structurer l’info
- Un bon contraste pour que tout soit lisible
Bref, ce n’est pas une révolution, juste du bon sens.
4. Pourquoi ça change tout ?
Quand une info est claire, tout le monde y gagne.
- Une administration ? Moins de coups de fil pour demander « mais j’ai pas compris, que dois-je faire ? »
- Un site web ? Plus de visiteurs qui trouvent directement ce qu’ils cherchent.
- Un courrier officiel ? Moins d’anxiété pour les gens qui le reçoivent et donc un rapport plus positif à l’organisation.
Et surtout, simplifier, c’est arrêter de donner du pouvoir à ceux qui compliquent les choses exprès. (Oui, je parle des contrats bancaires volontairement incompréhensibles, les conditions juridiques peu claires…).
Une bonne communication, ce n’est pas « faire joli ». C’est permettre à chacun de comprendre et d’agir.
Simplifier, ce n’est pas prendre les gens pour des idiots. C’est leur permettre d’accéder à l’information de manière fluide et sans effort.
Et croyez-moi, quand vous recevez un message clair, sans bla-bla, sans jargon inutile, sans effort à faire… c’est un petit bonheur.